Frédéric Loquet

Il est arrivé dans l'établissement en septembre mais il s'est vite fait connaître de la communauté ésaatienne grâce à son talent de chanteur lyrique qui s'est exprimé dans diverses manifestations. Il a notamment accompagné de sa voix de contre-ténor le défilé des Mise à Niveau lors des dernières journées portes ouvertes. Nous avions envie d'en savoir plus sur son parcours et son profil polyvalent, notre curiosité a été assouvie.

Quelle est ta fonction au sein de l'établissement ?
Je suis secrétaire de direction, chargé de la gestion des personnels enseignants. Je m'implique aussi au CA (Conseil d’Administration), au CVL (conseil de la vie lycéenne). Je facilite l'organisation des enseignants, c'est un rôle de ressources humaines en quelque sorte. Je suis arrivé à la rentrée dernière. Le poste était vacant et m’a tout de suite intéressé car je pratique la musique, le dessin et la peinture ; il y avait donc une adéquation avec mes passions.

C'est surtout cette activité que les élèves et étudiants connaissent de toi.
Oui, c'est plus visible que lorsque je suis affairé à mon bureau ! (rire)

Quel est ton parcours ?
Au départ, j'ai une maîtrise de biologie. Après avoir enseigné quatre mois, je me suis dirigé vers l’IAE (École Universitaire de Management à Lille), ce qui m’a permis d’exercer la gestion et la comptabilité en entreprise où je suis resté dix ans. Après cela, j'ai travaillé brièvement en ingénierie informatique. C'est assez tardivement que j'ai commencé à travailler ma voix en intégrant le Conservatoire.
Puis tout cela s'est enchainé rapidement. J'ai composé un peu, mais c’est comme chanteur intermittent que pendant dix-sept ans j'ai prêté ma voix de contre-ténor pour différentes collaborations. J'ai enregistré plusieurs albums de musiques actuelles, sous le nom de Thomas Otten (voir cette publicité pour un album) dont un a même été disque d'or !
C'était l'époque où les maisons de disque étaient en crise en raison des nouveaux modes d'écoute et de diffusion de la musique. J'ai enchainé les concerts pour pouvoir en vivre, mais les conditions difficiles du métier m'ont orienté vers la musicothérapie, les projets d'action culturelle auprès du public scolaire puis j'ai passé un concours de la fonction publique grâce auquel je suis rentré au rectorat. C'est un parcours très éclectique ! Je continue à pratiquer la musique, à la transmettre, et en 2016 j'ai créé un ensemble vocal avec mes anciens élèves.

Il y a quelque chose d'agréable et de positif à voir d'autres personnels s'approprier la dimension artistique de l'établissement...
Oui, je crois beaucoup à la synergie des différentes disciplines. En début d'année nous avons remis en place l'Amicale de l'école pour favoriser des sorties culturelles. Et avec les manifestations à venir autour de Lille-Design l'année prochaine, il y a des questionnements et collaborations à envisager pour créer des liens entre le design visuel, matériel, et le design sonore. On sous-estime trop souvent cette autre dimension, je trouve.

Si tu devais te décrire en quelques mots...
Je dirais atypique, curieux et mystérieux.

Quel regard portes-tu sur l'ésaat ?
J'ai découvert à la fois la grande diversité des formations liées au « design », des savoir-faire, des modes d'expression…et un point commun à tous, qui est le dessin. J'ai vite perçu le potentiel créatif, la synergie, dont je parlais, et de multiples possibilités de collaboration. Il y a aussi un cadre de travail, des contraintes qui, paradoxalement, permettent cette liberté. Un peu comme dans la musique sacrée où les plus belles compositions ont émergé dans un contexte où les interdits de l’Église étaient les plus forts.

Un mot pour la fin ?
J'aime bien l'expression « Le mieux est l'ennemi du bien ». Je pense qu'il faut apprendre à s'arrêter à temps. Cela rejoint aussi la question du mystère. Et savoir aussi préserver des silences. C’est très important aujourd’hui car nous vivons dans un environnement totalement saturé d’informations.

Entretien mené par Doriane Luyckx, Valentine Beuzelin (1A1) et Tania Leyronnas, photos Fabrice Coget