Jean-Pierre Denève

Voici le portrait d'un des piliers de l’école, enseignant d’arts appliqués, il a formé des générations d’étudiant.e.s sur Photoshop - entre autres - et représente une des ressources humaines les plus précieuses de l’établissement, aussi bien pour les étudiants que pour ses collègues ou pour la direction. Passionné de cinéma, dynamique et rayonnant, avec cet accent du nord si caractéristique, qui est Jean-Pierre «jipé» Denève ?

Depuis quand enseignez-vous à l'ésaat ?

J'y travaille depuis 1986, ce qui fait un certain nombre d'années !
J'y ai fait aussi une partie de mes études, de 1980 à 1983 (en CPGE « Design et arts appliqués ») afin de me préparer à l'enseignement des arts appliqués.
Je suis donc très attaché à l'ésaat, c'est un peu ma deuxième maison !

Quel est votre parcours ?

J'ai fait un bac scientifique, même si mon rêve d'enfant était d'être professeur de dessin.
On m'a alors conseillé de m'orienter vers les filières arts appliqués. J’ai donc préparé mon diplôme de professorat à Roubaix, que j'ai poursuivi à Paris, à l'ENS Cachan pour être ensuite nommé à l'ésaat, et revenir dans ma région d'origine.

J'ai assisté à la naissance du bâtiment dans lequel nous sommes actuellement et participé à la création de nouvelles sections parmi lesquelles le cinéma d'animation. Ce DMA (Diplôme de Métiers d’Arts, devenu cette année DNMADe) était le premier en France.

En 1998, impulsé par notre collègue Bernard Gabillon, nous sommes un petit nombre d’enseignant.e.s de l’école à avoir défini les programmes et modalités d’examen.
La première promotion de ce nouveau diplôme est sortie en juin 2000.
Pour la petite histoire, nous fêtons donc ses vingt ans d’existence cette année. J'aime mon métier car il me permet d'allier plusieurs de mes passions : le dessin, la technique, le cinéma, les nouvelles technologies, et surtout les échanges et le contact humain.

Je donne aussi des cours du soir pour former un public adulte au dessin traditionnel.

Vous êtes passionné de cinéma d'animation ?

C'est un monde où les univers et possibilités sont infinis.
Nous allons chaque année au festival du film d'animation d'Annecy avec les étudiants des sections concernées.
Là encore il est question d'amour du dessin. Ce qui me pose question car au fil des réformes du bac, je remarque que le temps consacré à l'apprentissage du dessin se réduit à chaque fois un peu plus.

Je participe aussi activement à l'association Noranim qui met en lien les studios, les centres de formations, les professionnels, les techniciens et étudiants de la Région dans le domaine du Cinéma d’animation.

Avez-vous des activités à côté ?

Quand j'ai du temps j'aime m'évader par le dessin, que je pratique lors de voyages, à travers de carnets de dessins (extraits ci-dessous).

Dans la forêt d'Aïtone_Corse du Sud_France_crayons graphite

J'ai aussi participé à la création de l'association « Fous d'anim » en 1998.
Avec un collègue, Cédric Villain, nous avons pu garder ainsi le contact avec d'anciens étudiants et mettre en place, au fil des années, une vraie communauté de passionnés.

Par ce biais, nous avons créé les « Défidéfous », qui permettaient à un large public de proposer de courtes animations à partir d'un thème donné.
Même si mon métier m'occupe énormément, j’ai tout de même pris le temps, l’année dernière de participer à un projet chorégraphique collectif avec le Colisée de Roubaix composé essentiellement d'amateur.trice.s venu.e.s de tout horizon.

Cette expérience m'a permis de mettre en place, cette année, un workshop autour de la danse avec la section DNMADe Animation.

Les étudiants vous connaissent surtout à travers les conférences mensuelles « Disons Design » que vous organisez.

Ce sont mes collègues Cédric Villain et Bastien Sion qui ont initié l'idée il y a cinq ans et mis en place ces rencontres. J'ai pris le relais avec Yasmine Damiens par la suite.
Nous organisons la programmation de l'année et gérons sa communication. Nous espérons que d'autres collègues prendront notre relais très prochainement !

Vous ne vous lassez pas, à la longue, de votre métier ?

Pas du tout ! On a un public qui ne vieillit pas, cela entretient notre propre jeunesse !
On a la chance d'enseigner une matière vivante, ce qui offre aussi de nombreuses possibilités pédagogiques.

Mais c'est surtout le contact humain que j'apprécie dans ce métier.

D'où cela vous vient-il, ce sens du contact ?

À la base je suis fils de commerçant, mon père était artisan. Il vendait et réparait des montres, des horloges, et ma mère tenait le magasin.
Cette dimension commerciale ne m'intéressait pas trop, mais je pense avoir hérité du sens de l'accueil, de l'échange et du partage, grâce à eux.

Quels conseils pourriez-vous donner aux élèves, aux étudiants ?

Pour réussir ? Restez vous-même et surtout, soyez passionnés !

propos recueillis par Tania Leyronnas avec la participation de Doriane Luycks et Valentine Beuzelin (terminales STD2A), Photos Fabrice Coget

 

Casa Batllo_Barcelone_Espagne_feutre

Au cœur des rizières_Bali_Indonésie_feutre

Village toscan. Italie. crayon graphite et aquarelle