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Entretien réalisé par Alice Bély le 16 mai 2025, dans le cadre de son projet de diplôme de DSAA graphisme, promotion 2025.

À quoi ressemble ton parcours ?

Je suis arrivée à l’ésaat à quinze ans, au lycée, en arts appliqués. J’ai eu mon bac il y a dix ans et je suis restée deux ans en BTS design imprimé. À l’époque après le BTS on pouvait partir en Erasmus un an. Je suis donc partie vivre en Norvège où j’ai fait un Bachelor en médias et journalisme. J’avais des cours où j’ai appris à coder, à faire de la stratégie du design, à faire de la photo et du print.

Ensuite, l’endroit où j’avais fait mon stage m’a rappelée, c’était la maison d’édition Hachette. Du coup je suis rentrée un peu plus tôt de Norvège pour aller directement en CDD à Paris. J’ai beaucoup appris, j’étais spécialisée dans les livres pour enfants mais on ne voyait jamais d’enfants, ce qui était assez frustrant. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à me dire que ça serait intéressant de travailler avec les utilisateurs.

C’est là que cette frustration a commencé, en sachant que j’avais commencé à faire un peu de stratégie de recherche en Norvège. Suite à ça est arrivé le moment où j’ai postulé dans plein de formations de master en UX mais ce n’était pas possible avec le niveau BTS. J’avais postulé à quelques DSAA mais ça ne m’intéressait pas plus que ça et à la fin de l’été je me suis retrouvée sans rien. À ce moment-là, Hachette m’a proposé de m’embaucher mais j’avais envie d’aller plus loin qu’un BTS.

Je me suis donc inscrite à la licence d’arts plastiques de la Sorbonne qui pouvait se faire à distance. Je suis restée dans le Nord à ce moment-là, chez mes parents et j’allais presque toutes les semaines à Paris pour me faire de l’expérience sur de l’UX. Je faisais énormément d’hackathons. Ça vient du milieu du développement, ce sont des sessions qui durent entre un week-end et une semaine. L’idée c’est d’arriver avec une idée qu’on sort à la fin. On ne dort pas beaucoup, c’est dans une atmosphère de Start-up, de synergie d’équipe, c’était en 2019, une période où ça se développait beaucoup. J’étais une des seules designers, sinon il y avait beaucoup de personnes qui faisaient du développement.

Qu’est-ce que cette dynamique t’a apporté ? 

Le fait de bosser avec ces gars-là m’a permis de me faire repérer par les gagnants des hackathons. J’ai commencé à travailler pour celui qui avait gagné. À ce moment-là, je me dis « let’s go, on y va », on vit des trucs, à tel point que j’ai failli ne pas avoir ma licence du tout parce que j’étais tout le temps sur Paris à créer des interfaces, des concepts, des ateliers.

Mon profil fait qu’on avait tendance à me dire que je n’étais pas assez créative du côté arts plastiques et en même temps, du côté gestion de projet, j’étais trop créative. J’avais un profil un peu ambivalent qui fait que l’UX était cohérent parce qu’il faut être dans la structure, la recherche et en même temps être créatif pour trouver des solutions.

À ce moment-là, on est en mars 2020, moment du Covid (une petite aventure dont certains Français se rappellent). Je décide d’arrêter avec les gars de la start-up parce que la vie et le travail sont vraiment trop mélangés. C’est aussi un milieu très masculin et bizarre, donc j’arrête avec eux et je me dis que ce serait peut-être bien que je commence à taffer sur ma licence parce que pour l’instant je n’avais encore rien fait du tout, donc je charbonne sur ma licence. Une fois que je l’ai, je me dis que j’ai envie d’être UX designer, c’est officiel. Je fais en sorte de le devenir en postulant dans des écoles privées parce que je me rends compte qu’il faut absolument avoir de l’expérience terrain et que tu n’as pas le choix si derrière tu veux être intégrée au monde du travail.

J’arrive à avoir une alternance dans une start-up en tant que directrice d’expérience client. C’est une boîte qui faisait des barbecues en France. Ils avaient besoin de quelqu’un qui avait une vision créative et en même temps un côté très structuré. C’était très intéressant parce que je touchais à tout, mais ça avait ses limites parce que je devais être disponible le soir, le week-end. Ma conclusion sur les startups c’est qu’en général, c’est un environnement toxique, très peu cadré mais où tu apprends beaucoup. C’était difficile mais ça m’a forgé un caractère, maintenant je me laisse vraiment plus faire. Ça reste quand même très intéressant, mais quand ils m’ont proposé un CDI là-bas, j’ai dit non.

Suite à ça quand j’ai été diplômée, je suis partie dans un gros stress de trouver un travail. J’ai trouvé quelque chose en quatre mois. Je suis sortie des études avec un complexe de l’imposteur : est-ce que je suis assez bonne dans ce que je fais ? J’ai commencé à acheter énormément de livres pour être davantage calée sur la théorie et pouvoir plus justifier les choses. J’ai trouvé du travail dans une agence parisienne, où il y a soixante personnes. On m’a mis directement sur de très gros projets où j’en étais responsable et où je ne savais rien faire mais je me suis débrouillée et j’y suis encore, ça fait trois ans.

À quoi ressemble ton travail quotidien sur les applications ?

Concrètement, je regarde ce qui est déjà en ligne et je vérifie si ça correspond à mes maquettes. Pour les applications, je passe des moments à faire des maquettes de façon très concrète. J’essaye de les mettre à jour et que tous les composants soient bien reliés entre eux. Je passe aussi des moments à les présenter aux utilisateurs pour qu’on se mette d’accord sur leurs besoins.

En fonction de leurs retours, je fais ce qu’on appelle du live design, c’est-à-dire d’échanger avec des utilisateurs lors de réunion, de leur présenter tes maquettes, et de pouvoir répondre en live aux problèmes qu’ils soulèvent. Pour pouvoir faire ça, il faut être cadré, structuré, savoir de quoi on parle et aussi réussir à embarquer les gens. Puisque tu échanges avec eux pendant 1h30, c’est important de réussir à maintenir leur attention. Tu leur parles de choses un peu lourdes, ils ont d’autres choses à faire, donc il y a pas mal de stratégies de communication à mettre en place. C’est important de faire des retours sur les avancées, de montrer que tu as pris en compte leurs dernières remarques, de citer des prénoms, de montrer que tu t’intéresses à eux. Avec ces bases, par la suite, on peut commencer à se mettre à l’aise. Je prends ça comme du stand-up, pour une animation, ce qui fait que les gens sont contents de venir parce qu’ils savent qu’ils ne vont pas s’ennuyer. Les rencontres utilisateur, c’est ce que je préfère dans mon métier.

À quoi ressemble ton espace de travail ?

J’ai eu une relation assez toxique avec mon travail pendant très longtemps, notamment en raison de l’investissement que j’y mettais pour des personnes qui avaient des techniques de management par la culpabilisation, qui fonctionnent extrêmement bien sur moi. Une fois que j’ai compris ces mécanismes, j’ai pu remettre en question ma relation au travail. Malheureusement, j’ai dû faire un arrêt pour me rendre compte, mais maintenant j’accorde beaucoup plus d’importance aux temps de repos. J’ai également fait évoluer mon travail. En travaillant pour EDF, même en ayant deux applications en même temps, je prends le temps de bien faire les choses.

Au fur et à mesure, j’ai appris à mettre énormément de distance et à structurer mon temps de travail sur des taux de temps horaires donnés, pas plus, pas moins. Pour autant, je reste passionnée par mon travail. Quand j’étais en arrêt, j’avais totalement commencé à entreprendre des démarches pour faire un autre métier. Finalement je me suis posée et je me suis dit : en vrai, j’adore mon métier, c’était la manière dont on me demandait de le faire que je n’aimais pas.

D’un autre côté, tu es obligé de te soumettre à ça pour avoir une stabilité et une sécurité financière. En plus de ça, le travail c’est un lien social donc ça dépend énormément des gens avec qui tu travailles. Par rapport à ça, le côté distanciel m’a vraiment sécurisée. Grâce à ça les ragots d’agence n’existent pas. Je suis là pour faire mon métier et pour le faire bien, sans me prendre la tête. Pour autant, il y a une invisibilisation de mon travail quand je suis à distance, ce qui fait que ma surcharge est invisible à part quand je viens sur site.

Tu arrives à faire la part des choses entre pro et privé en restant chez toi toute la journée ?

J’ai appris à le structurer. Le fait de m’asseoir sur cette chaise et d’être face à cet écran, ça veut dire que c’est le travail. Quand c’est le week-end, mon grand écran est retourné. Il est blanc, mon mur est blanc, ça veut dire que c’est le week-end. Bien sûr, tu es obligée d’avoir une sorte d’organisation dans ta propre vie. Le matin, je ne vais pas travailler si je n’ai pas fait mon yoga avant.

À la fin de la journée, j’éteins mon ordinateur, je range mon appartement et il faut que j’aille marcher. Je fais aussi attention à prendre de vraies pauses le midi. Tu es obligé de te mettre une rigueur pour ta santé mentale. Ce que j’aime beaucoup avec le télétravail c’est que pour moi, le travail n’est qu’une tâche dans ma journée parmi tant d’autres. Le fait de ne pas avoir de parcours maison-travail me fait gagner du temps de vie.

Est-ce qu’il t’arrive de travailler avec d’autres personnes ?

En agence, tu travailles tout le temps en binôme avec un UI designer. C’est intéressant parce que ça permet d’avoir une double vision. Tu as aussi la vision d’un autre créateur qui va ajouter sa patte. Ne serait-ce que pour les choix colorimétriques, moi je vais être par défaut sur ce qui est accessible, ce qui fonctionne avec l’identité graphique alors que l’UI designer va aller plus loin. Il va dans un autre niveau de détail en pensant par exemple aux différents états d’un bouton…

→ Découvrir le profil de Noémi Sponga, UX designer

→ Découvrir le profil d’Alice Bély, designer graphique

Entretien réalisé par Alice Bély le 9 mai 2025, dans le cadre de son projet de diplôme de DSAA graphisme, promotion 2025.

À quoi ressemble ton parcours ?

J’ai fait un BTS design produit à l’ésaat. Suite à ça, je suis parti en DSAA à Lyon, à la Martinière Diderot. Là-bas, j’ai beaucoup travaillé autour du bricolage, et j’ai découvert les Fab Labs, des ateliers de fabrication numérique, avec des impressions 3D et d’autres outils.

Ensuite, j’ai fait une année en Master 2 aux Arts et Métiers qui est plutôt une école d’ingénieurs. Là-bas on était en pluridisciplinarité avec des ingénieurs et des ergonomes et on était trois designers. On essayait de travailler ensemble, de trouver un dialogue commun notamment sur les outils autour de la créativité.  Par la suite, j’ai fait un stage au siège de Rougier&Plé, le distributeur de matériel créatif et beaux-arts, pendant six mois. Je développais des produits découpés à la découpe laser, des sortes de produits en bois à personnaliser, qu’il fallait peindre.

Après ça je suis parti en Nouvelle-Zélande et un peu en Australie où j’ai voyagé en stop pendant huit mois. En revenant j’ai fait un service civique dans un Fab Lab à Grenoble. C’était un des plus gros Fab Lab qui existait à ce moment-là. Ça m’a beaucoup plu et donné envie de travailler dans ce domaine-là. J’ai géré un lieu en Seine-Saint-Denis, au-dessus de Paris, pendant trois ans. On m’a recruté parce que j’avais un petit peu d’expérience dans le Fab Lab et parce que j’étais designer. Concrètement, j’étais là pour former des gens, pour mettre en place différents systèmes pour gérer le lieu, pour entretenir les machines. En même temps, je faisais aussi des ateliers sur la thématique du Fab Lab avec des personnes en situation de précarité, de handicap, des jeunes qui avaient quitté le système scolaire, des femmes immigrées qui apprenaient à parler le français, …

Suite à ça, je suis arrivé en région lilloise, également pour travailler dans un lieu public tourné autour du numérique. C’était un mini café – Fab Lab à Wazemmes. J’ai géré ça pendant un an avec d’autres gens. Après j’ai décidé de devenir indépendant et petit à petit j’ai donné des cours toujours en mêlant le bricolage, le design et la création. Le point commun dans tous les cours que je donne, c’est la notion de faire, de fabriquer les choses. On est rarement derrière des ordinateurs. Un jour, j’ai toqué dans une école d’ingénieurs où je donne maintenant des cours pour apprendre à être plus créatif, à dessiner et à faire avec ses mains.

En plus des cours, tu es aussi indépendant ?

Oui, à côté, j’ai développé une pratique de conception où je fabrique des matériaux à base de plastique recyclé. J’ai commencé par faire des boutons pour le personnel soignant pendant l’époque du Covid. Je récupérais les visières, je les broyais et je faisais des boutons à coudre sur les vestes des soignants pour boucler la boucle de l’économie circulaire. Après j’ai continué en créant des boucles d’oreilles que j’ai vendues sur des marchés. J’ai fait des peignes et là je fais de plus en plus de petits objets pour la décoration d’intérieur avec cette technique que je me suis appropriée et que j’ai développée. Je commence à donner des workshops là-dessus avec des étudiants ou des adultes notamment à la Condition Publique à Roubaix, et j’essaye d’adapter la technique pour que ce soit accessible aux plus jeunes également.

Avec ces différentes activités comment est-ce que tu définis ton métier ?

Ça dépend à qui je parle. Si je parle à des enfants, je dis que je suis inventeur et que j’essaye de prendre soin de mon environnement. Si je parle à des gens qui connaissent un peu mieux le métier, je dis que je suis designer d’objets avec une approche consciente et que je m’intéresse à toutes les formes d’éthique : de l’écologie, au social, au secteur du handicap. Je dis aussi que mes projets se nourrissent les uns les autres.

Si tu devais donner un seul et unique nom à ton métier, ce serait quoi ?

Un seul et unique nom ? Je ne sais pas trop, je vais ressortir ma carte de visite, je ne sais plus ce que j’y ai écrit. Alors, il y a marqué : « Eco-design et fabrication d’objets durables, Tom Violleau, designer produit, maker ». Voilà. On peut dire que je suis maker. C’est un terme que j’aime bien parce qu’il allie à la fois le côté conception et le côté fabrication. J’ai l’impression que c’est un peu ma spécificité au-delà de l’approche consciente. Je conçois et je fabrique. Mais encore une fois, le mot maker, il n’y a pas beaucoup de gens qui le connaissent donc c’est toujours compliqué de donner un titre. À toi, je vais dire que je suis maker.

Comment est-ce-que tu décrirais une de tes journées de travail ?

Ce n’est pas évident parce que j’ai plutôt des semaines typiques, des mois typiques que des journées typiques. Déjà le rythme des cours va me donner un rythme d’octobre à novembre et de janvier à mai. Pendant quasiment huit mois de l’année, je vais avoir entre six et neuf heures de cours par semaine. Un temps plein de prof c’est dix-huit heures, donc on va dire que j’ai un mi-temps de prof.

Le reste du temps, soit je travaille pour moi, soit je vais dans des ateliers, soit je fais de l’administratif, soit je cherche des nouveaux clients. Sur les mois qui me restent, j’essaye de développer des projets artistiques, de répondre à des appels à projets pour faire des ateliers, je donne des formations.

Donc soit, je bosse à l’extérieur dans les écoles, dans des centres aérés, dans des lieux comme la Condition Publique pour faire des interventions. Soit, je suis chez moi, dans mon bureau où je peux faire de l’administratif, de la conception, ou ne rien faire aussi.

À quoi ressemble ton espace de travail ?

Mon bureau est chez moi mais j’évite au maximum d’y être trop longtemps. Je vais pas mal à la Condition Publique, notamment pour squatter leur atelier, pour bricoler et fabriquer. Actuellement, on va dire que je me sens limité dans mon espace. Avec ma copine on cherche à déménager pour avoir un petit atelier et un petit bureau chacun à nous. Je pense que ce sera plus confortable. Mais pour l’instant c’est comme ça. J’ai essayé de bosser en co-working, mais ce n’est pas évident.

Comment est-ce que tu te procures le matériel dont tu as besoin ?

Chaque projet est différent mais je vais souvent à la Condition Publique où il y a un gisement de plastique recyclé. Il y a pas mal d’entreprises comme Dagoma, un fabricant d’imprimantes 3D ou la mairie de Roubaix qui donnent leurs déchets là-bas. Après bien sûr il faut trier les plastiques, les broyer, … C’est un bon point de récolte et sinon je trouve ça intéressant d’intégrer la récolte au projet. Par exemple en ce moment on fait un projet avec Dunkerque et dans l’appel à projet, il y a une partie où les enfants vont faire un ramassage pour aller collecter de la matière. En même temps, ils se rendent compte que la matière ne sort pas de nulle part. Je demande aussi par exemple des bouchons à droite à gauche mais ce n’est pas ce qui se travaille le mieux. Je préfère le plastique d’imprimante 3D qui crée plein de déchets, plein de chutes et qui se fond bien tout en donnant un bel aspect avec plein de couleurs. En bref, je fais avec ce qu’il y a autour de moi en fonction de l’endroit où je me trouve

Quel rapport est-ce que tu entretiens avec ton travail ?

Je dirais que c’est assez confondu dans tous les aspects de ma vie. Je n’arrive pas trop à scinder travail, vie perso, famille. Tout est un peu mélangé donc à la fois tout me nourrit, mais en même temps, ça peut vite déborder sur le reste. J’essaye quand même de ne pas trop travailler. Je trouve que globalement, les gens qui travaillent, travaillent trop. Je trouve qu’il y a moyen de faire autrement. J’essaye d’avoir un rapport sain au travail mais ce n’est pas évident parce qu’on se laisse vite embarquer.

Pour les cours je suis à peu près entre huit et douze heures et à côté il y a les projets. Il y a des moments où j’en ai, d’autres où je n’en ai pas. Les moments où j’ai plus de temps libre, je vais faire plus de choses pour moi et je trouve que c’est important d’avoir ces périodes là pour se ressourcer. Le fait d’être freelance, j’ai l’impression de ne pas complètement l’avoir décidé. Ça m’est un peu arrivé comme ça.

Dans ma culture familiale, il fallait plutôt être salarié, c’était ce qui était reconnu. J’ai aussi peur d’être privé de liberté. C’est ce que j’ai ressenti quand j’étais salarié. Je ne me sentais pas libre de faire ce que j’avais envie de faire alors qu’en freelance je me sens libre ouais ça me va quand même plutôt bien. Je dirais que j’ai peu l’impression de réellement travailler mais plutôt de mener des projets car cela m’amuse, de tester de nouvelles choses, d’expérimenter.

Cela doit évidemment me rapporter un peu d’argent car je dois subvenir à mes besoins mais je ne suis pas vraiment en accord avec l’idée que le travail doit être toujours sérieux et pénible. C’est aussi une manière de jouer et de retrouver mon âme d’enfant. En même temps, j’ai aussi l’impression que la société nous pousse à aller vers une forme de précarisation du travail. Les petites missions, le freelance, ça fait partie de ça aussi. Je trouve que ça arrange quand même vachement les entreprises d’avoir un recours à des indépendants quand ils veulent. Ça se généralise, on devient travailleur à la tâche et tous les moments qu’ont les salariés comme les pauses café, les moments où tu discutes avec tes collègues… tout ça on l’a plus, alors que c’est très important selon moi.

En ce moment, quels sont tes projets ?

Cette semaine j’ai eu un atelier à Calais dans un centre social, où j’ai fait des sculptures en bouchon, des sortes de dinosaures en bouchons recyclés. C’est un atelier que j’ai développé avec un ami qui bosse là-bas. C’était la première fois cette semaine j’avais vraiment hâte et j’étais très content de le faire.

Sinon, en ce moment je travaille avec un lycée de boulangerie pâtisserie à Fives sur un projet d’emporte-pièces pour des gâteaux. J’ai eu une intervention avec eux il y a un mois. C’était plutôt de l’illustration, de la simplification de dessin pour pouvoir les adapter en emporte-pièce.

Est-ce que ça t’arrive de travailler avec d’autres personnes sur des projets ?

J’essaye le plus possible. J’ai quelques amis qui m’ont donné des missions. Parfois je croise des connaissances et on se retrouve dans des milieux similaires. Sinon, on essaye avec ma copine qui est illustratrice d’avoir des projets en commun. Par exemple, pour le projet qu’on a avec Dunkerque autour du plastique recyclé, moi, je vais faire des cadres en plastique et elle va faire des illustrations pour aller dans ces cadres. On donne des ateliers avec les enfants et à la fin on fera une expo collective. Parfois ça fait du bien et parfois c’est bien de faire des choses seul aussi je trouve.

Quel est ton statut ?

Au niveau de mon statut, j’ai été beaucoup auto-entrepreneur et actuellement je bascule sur un autre modèle de société qui est la coopérative d’activité d’emploi. Je suis chez Grands Ensembles. Je viens de passer en CDI avec eux. Je suis toujours indépendant mais je mutualise avec d’autres les services d’un comptable, j’ai de l’accompagnement sur mon projet de développement d’entreprise. Je trouve ça intéressant pour ne pas se sentir trop seul. Ça permet de donner un statut aussi qui est reconnu auprès des banques, tu cotises au chômage, tu cotises pour l’assurance maladie. Tout ça c’est très intéressant. Au début, je ne m’en souciais pas du tout et plus ça va, plus je me dis qu’il faut penser à tout ça. Avant de me lancer j’ai vu les avantages et les inconvénients. J’ai vu que ça coûtait cher notamment. Par rapport au statut de freelance, je dirais que c’est plus sécurisant par rapport aux frais de gestion, etc.

→ Découvrir le travail de Tom Violleau, designer produit, maker

→ Découvrir le parcours et le travail d’Alice Bély, designer graphique

Le 19 novembre, l’association ésatien·ne·s, association des anciens élèves de l’ésaat, a organisé sa première édition des Rencontres de l’orientation. Un temps fort destiné à aider les élèves et étudiants à mieux comprendre la diversité des métiers du design et de l’image. Plus d’une centaine d’élèves et étudiants ont assisté aux échanges animés par dix anciens élèves venus présenter leur parcours et leur métier.

Graphisme, communication, illustration, architecture intérieure, écodesign, cinéma d’animation, design produit, réalisation ou encore paysage : la pluralité des expériences partagées par Hélène Galipot, Guillaume Leriche, Jade Mutrel, Mathilde Stroh, Élodie André, Catherine Bossy, Rémi Caroux, Samia Dzair, Clément Decourselle et Lisa Morin a offert aux élèves un panorama concret des débouchés possibles après l’école. Auto-entrepreneurs, salariés ou intermittents, tous ont transmis un message optimiste, démontrant qu’à force de travail, on peut faire de sa passion son métier !

L’événement a également marqué le lancement du programme de mentorat ésaatien·ne·s, destiné à proposer un accompagnement individualisé par un ancien élève. De nombreux alumni se sont déjà portés volontaires pour soutenir les élèves dans leur orientation et leur insertion professionnelle. Les élèves et étudiants souhaitant bénéficier de cet accompagnement peuvent contacter l’association par email ou via les réseaux sociaux.

La rencontre s’est prolongée par un afterwork convivial aux Trois Tricoteurs, qui a permis d’échanger de manière informelle et de renforcer encore les liens entre élèves, diplômés et membres de l’association.

Un grand merci à toutes et tous pour cette belle édition, riche en échanges et en inspiration !

L’Association ésaatien·ne·s, association des anciens élèves de l’ESAAT poursuit sa mission : fédérer diplômés et étudiants autour d’actions qui favorisent l’entraide, la transmission et la convivialité.

Pour l’année scolaire 2025-2026, plusieurs rendez-vous viendront rythmer la vie du réseau :

… et d’autres surprises à découvrir au fil de l’année !

Ces événements sont autant d’occasions de valoriser les parcours des diplômés, de créer du lien entre générations et d’offrir aux étudiants un accès privilégié à des retours d’expérience concrets.

Pourquoi adhérer ?

L’adhésion à l’association permet de rejoindre un réseau actif et solidaire, d’échanger avec d’autres anciens, de participer à des événements et de contribuer directement à la vie de l’école.

L’association, c’est aussi un serveur Discord, un annuaire des membres et du mentorat avec un accompagnement individualisé !

Qui peut adhérer ?

Rejoindre l’association, c’est prolonger l’aventure ésaat au-delà des études et participer à une dynamique collective.

Venez nous rencontrer durant le Forum de l’engagement le 2 octobre prochain de 12h à 14h dans la rotonde de l’ésaat !

Pour être informés de nos prochains évènements, suivez-nous sur les réseaux :

Venez célébrer la création le lancement officiel de l’association esaatien·ne·s, l’association des anciens élèves de l’ésaat le vendredi 28 mars à 18h00 à l’ésaat !

L’association esaatien·ne·s ambitionne de favoriser les échanges entre les étudiants et les anciens élèves de l’ésaat, d’aider à l’insertion professionnelle, de développer le réseau professionnel par l’organisation d’évènements et la mise en place d’une plate-forme d’échange et de collaboration.

Au programme : un annuaire des membres, des offres exclusives d’emploi et de stages, un mentorat entre anciens et élèves, des évènements et afterworks vous permettant de développer votre réseau, une plateforme en ligne pour poser toutes vos questions… et bien plus encore ! 

L’adhésion est ouverte aux anciens élèves, aux élèves de terminale et aux étudiants en dernière année de formation.

Cette soirée conviviale sera l’occasion de découvrir nos projets et notre plan d’action, de rencontrer d’autres diplômés et de partager vos parcours, de proposer vos idées pour faire grandir l’association, mais surtout de rejoindre le réseau  !

Inscription nécessaire avant le 15 mars : Lien vers le formulaire

Nous avons hâte de vous retrouver et de faire grandir ensemble le réseau des anciens élèves et étudiant.e.s !

Et en attendant de nous retrouver, suivez-nous sur les réseaux :

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