Mayline Spelbroit

  • Baccalauréat

Élève en Terminale STD2A (Sciences et Technologies du Design et des Arts Appliqués) option EPS (Education Physique et Sportive) à l’ésaat, je passerai mon baccalauréat en 2026.


Je viens du collège de l’Immaculée Conception à Bailleul. C’est mon enseignante d’Arts Plastiques qui m’a vivement recommandé de postuler à l’ésaat car j’aimais beaucoup dessiner et j’avais envie de faire de l’animation : le bac STD2A pouvait me permettre d’approfondir cette passion. Le problème, c’est que l’entrée est réputée assez sélective donc ça peut décourager. Mais, pour moi, c’était plutôt comme un défi car personne de mon collège n’avait réussi à être pris ; alors, avec une copine, on a postulé et aujourd’hui, on est toutes les deux en Terminale ! Préparer un bac STD2A paraissait la meilleure filière par rapport à mon projet d’études et c’était important pour moi d’aller tout de suite dans une école d’arts appliqués. J’ai finalement été prise, sur liste d’attente : un peu de stress mais la bonne nouvelle est tombée en juillet.

une vie lycéenne riche d’opportunités

En arrivant à l’ésaat, j’ai découvert un lycée assez incroyable dans lequel chacun peut assumer d’être lui-même sans crainte du jugement. Dès la seconde il y a des personnalités bien affirmées, notamment dans leur créativité. Cela nous aide à nous assumer nous-mêmes, à ne pas chercher à se cacher. C’est un environnement très tolérant et ça fait beaucoup de bien quand on vient du collège. J’ai aussi très vite senti qu’on pouvait être force de propositions, qu’on était écouté. Cela m’a donné envie de m’engager dans les instances. Je ne l’avais pas fait avant car je n’avais pas trouvé d’espace pour cela. À l’ésaat j’ai intégré le Conseil de Vie Lycéenne et le Conseil d’Administration dès la seconde puis le Conseil Académique de la Vie Lycéenne en première. À travers ces instances de l’établissement, j’ai pu proposer et développer des projets avec d’autres lycéens. Nous avons installé le désormais fameux « coin dodo » très apprécié des élèves. C’était un projet important qui répondait à un besoin des élèves d’avoir un endroit de calme et de repos. Une partie d’entre eux est à l’internat ou fait pas mal de route pour venir, ce lieu les aide à se sentir mieux, à souffler quand ils en ressentent le besoin. Nous avons également mis en place les collectes pour la Banque Alimentaires car il me semble important qu’on vive la solidarité de manière concrète. Nous avons aussi mis à disposition des protections hygiéniques pour lutter contre la précarité menstruelle – pas inutile dans un établissement très majoritairement féminin. Je suis heureuse d’avoir contribué à ces projets et à travers ça d’améliorer le bien-être dans cet établissement.

J’ai également décidé de m’inscrire en option EPS dès la seconde car avec l’éloignement, j’ai dû arrêter le sport que je faisais déjà au collège. Par la suite, j’ai appris qu’il avait une Association Sportive – dont je suis aujourd’hui vice-trésorière – et m’y inscrire m’a permis de découvrir de nouveaux sports, de faire des compétitions, d’aller dans d’autres lycées. Ça, c’est vraiment bien ! Je me rappelle, par exemple, qu’on a fait du biathlon, c’est-à-dire du tir laser puis du rameur. C’était organisé par l’UNSS (Union Nationale du Sport Scolaire) : on est allé à Valenciennes, il y avait des lycées d’à peu près tout le département, c’était vraiment un bon moment. Et on a fini troisième !

la découverte des différents champs du design

Je dois l’avouer, j’ai découvert les arts appliqués à l’ésaat. J’y suis entrée en raison de mon projet professionnel et je pensais c’était la même chose que les arts plastiques. Finalement, j’ai découvert qu’il y avait plusieurs domaines dans les arts appliqués, que j’ai expérimentés sur les 3 années. Le point commun, c’est qu’il faut répondre à des demandes précises, respecter des contraintes. J’ai appris l’autonomie et à mener des projets jusqu’au bout, en respectant des délais. Cela m’a permis de développer des compétences qui sont transposables dans les études : le travail collectif, le sens de l’organisation, … Par exemple, en première, la classe a travaillé sur le projet « Petit chaperon rouge ». Nous avons préparé un défilé pour les JPO (Journées Portes Ouvertes) et l’objet à finaliser, c’était une coiffe. Notre groupe a choisi la grand-mère et la première étape, c’était de façonner la matière, en déclinant le papier sous des formes différentes, en le bombant ou en l’effilochant. On partait d’un mot – par exemple « confortable » et on devait rendre le papier confortable, faire en sorte que le papier renvoie l’image du confort. Notre grand-mère, nous avons décidé de la faire assez rock, indépendante mais à la fois assez « confortable », à qui on a envie de faire des câlins. C’est à la fois du design textile car il faut façonner la matière et du design d’objet parce qu’il faut beaucoup réfléchir à la structure : le chapeau était assez haut et devait tirer une traîne.


Après le BAC, je souhaite faire une année de césure. Je vais aller aux Etats-Unis, dans le Michigan, pour améliorer mon niveau d’anglais et poursuivre des études d’arts. À mon retour en France, j’espère trouver une école pour faire de l’animation 2D/3D car c’est toujours mon projet professionnel.

un projet

réaliser des planches de bande dessinée

Cette année, la classe a la chance de faire beaucoup de projets très différents. Celui dont je veux parler consistait à créer une ou deux planches de bande dessinée. C’est un projet individuel sur le thème du Upside Down, du monde parallèle, qui s’est déroulé sur 8 semaines sur nos cours d’atelier, 3 heures le mercredi et 4 le vendredi. Le projet a été lancé par Marius, dessinateur BD et animateur pour l’association « Quai des bulles » : il intervient dans les établissements scolaires pour faire découvrir la bande dessinée. Il a lancé l’atelier et nous a donné les clés de la BD : les cartouches, les gouttières (espaces entre les cases), la façon d’agencer les éléments ou de former les personnages pour qu’ils soient simples à reproduire.

Nous avons commencé par écrire un scénario dans lequel il fallait inclure les cartouches – les cases qui décrivent les actions et où on indiquait les dialogues. On devait déjà à peu près savoir où placer chaque bulle. Ensuite, nous avons créé le story-board en transformant en croquis les cartouches, en indiquant la façon dont les personnages allaient avancer. Une fois tout agencé, nous sommes passés au crayonné : c’est le premier brouillon qu’on a ensuite encré pour produire proprement les dessins. Après est venue la couleur et, enfin, l’écriture des dialogues. Nous avons été accompagnés à toutes les étapes. À la fin, notre travail sera édité.

Au cours du projet, nous avons rencontré Winoc, un dessinateur de bande dessinée également. Il est venu nous parler de sa façon de travailler. Par exemple, il fait les couleurs avant l’encrage ; il réalise des tests couleur pour être sûr que ça aille. Il travaille en A3 et le crayonné est fait à la main, en bleu pour que ça ne se voie pas. C’est quelqu’un qui travaille beaucoup à la main mais, moi, je trouve plus pratique de travailler sur une tablette, car je peux travailler n’importe où, à l’école, à l’internat ou à la maison. Winoc est venu deux fois et nous a conseillés sur nos projets : c’était intéressant d’avoir un regard professionnel.


Cette expérience a enrichi ma pratique : j’ai appris à dessiner rapidement et simplement, à faire en sorte que les couleurs aillent ensemble. J’ai encore gagné en autonomie, à avancer de mon côté également car tout ne peut pas se faire en classe. J’ai essayé de suivre le rythme des autres parce qu’on avait des échéances pour chaque étape et que si vous ne les respectez pas, vous débordez sur d’autres séances pour terminer cette étape précédente.


Cela a conforté mon projet professionnel car cette expérience m’a beaucoup apporté : ce n’est pas forcément l’édition comme finalité qui m’a plu mais de voir l’évolution de mon dessin. Je trouve que ça rejoint un peu l’animation : écrire une histoire et la dessiner, ce sont les mêmes outils.

Les recherches graphiques pour le protagoniste
L'étape de l'encrage du story-board
Les planches finalisées
Le "coin dodo" pensé et installé par le CVL