Rose Ciepka
- DN MADe Design d'Évènements Commerciaux
Etudiante en première année de Diplôme National des Métiers d’Arts et du Design, mention Événement, parcours Évènements Commerciaux à l’ésaat, je passerai mon diplôme en 2028.
Après un baccalauréat STD2A au lycée Louis Armand de Mulhouse, je cherchais une formation qui me permettrait d’explorer différentes facettes du design tout en restant proche de projets concrets : j’ai donc choisi de poursuivre mes études dans un DN MADe. Restait à savoir lequel me correspondrait le mieux ! J’ai découvert le DN MADe Evénement qui m’est apparu comme une évidence parce qu’il regroupe le design d’espace et le graphisme, deux champs que j’ai appréciés durant mes années en STD2A. J’ai postulé à l’ésaat parce que de nombreuses personnes m’avaient recommandé cette école ; j’y ai trouvé un environnement stimulant, à la fois exigeant et bienveillant : on se sent rapidement soutenu et encouragé dans ses projets. La proximité avec Lille est également un véritable atout : musées, expositions, spectacles et événements nourrissent constamment notre culture et notre réflexion créative.
un lieu de rencontres et de découvertes
Au-delà des enseignements, l’ésaat valorise les talents de chacun en dehors des projets pédagogiques. Des événements comme le marché de Noël pendant lequel les lycéens et étudiants peuvent vendre leurs réalisations ou la journée des talents (scène ouverte à tous les musiciens, chanteurs, performeurs de l’école) offrent l’occasion de partager ses passions avec l’ensemble de l’école. J’ai eu la chance de monter sur scène pour y danser, j’en garde un excellent souvenir.
Cette première année m’a surtout permis d’approfondir et de découvrir de nouvelles pratiques : des techniques diverses pour travailler le papier ou d’autres matériaux inattendus (la couverture de survie par exemple), une meilleure maîtrise des logiciels de conception, la micro-édition… J’ai également pu acquérir des connaissances variées et travailler avec des personnes aux sensibilités différentes. L’ambiance de l’école correspond pleinement à ce que j’attendais : un cadre où chacun peut développer sa personnalité créative tout en évoluant au sein d’un collectif.
une équipe engagée
Une anecdote est révélatrice de l’ambiance de travail en Événement. Au lancement d’un projet, les enseignants avaient entièrement transformé la salle de cours. Une tente avait été installée au milieu de la classe et ils nous attendaient avec des bobs sur la tête dans une ambiance de camping. Cette mise en scène inattendue nous a immédiatement plongés dans l’univers du projet. Il fallait concevoir un set design de la pratique du camping (une scénographie immersive qui raconte une histoire tout en mettant en valeur le sujet). Ce lancement illustre parfaitement la créativité et l’investissement de l’équipe pédagogique.
Cette première année passée en Design d’Evènement m’a ouvert de nombreuses perspectives et plusieurs domaines m’attirent. Cette formation m’a permis de mieux comprendre mes aspirations et de construire progressivement mon avenir professionnel. Je reste curieuse, ouverte aux opportunités et impatiente de découvrir le chemin qui se dessinera à la suite de mes études.
un projet
une scénographie de papier
En cours d’année, nous avons mené un projet d’un mois en partenariat avec le Théâtre du Grand Bleu à Lille, autour du spectacle Blanc(s) d’Agnès Renaud, de la Compagnie L’Esprit de la Forge. Dans les cours de « Pratique et mise en œuvre de projet » et de « Communication et médiation », nous devions imaginer des dispositifs de médiation manipulables par le public afin d’accompagner la découverte du spectacle, qui mêlait arts du papier, musique et danse.
Ce projet s’inscrivait dans le parcours Scénographie Culturelle mais j’ai été autorisée à me joindre aux étudiants parce que les enseignants ont décidé de ne pas nous enfermer dans nos parcours dès la première année. Donc, comme je ne savais pas trop encore où me situer, j’ai saisi l’occasion ! Cette passerelle entre les deux parcours est précieuse pour nous aider à affiner notre orientation ; cela m’a permis d’aller à la rencontre du public, ce qui m’intéressait beaucoup.
Nous avons débuté par un workshop animé par Alexis Mérat, ingénieur papier et artiste froisseur, qui nous a fait explorer les possibilités techniques du papier et développer un nouveau regard sur ses usages. Nous avons établi un registre de formes et manipulations autour de ce matériau. Cette expérience avait une résonance particulière : passionnée d’origami depuis l’enfance, j’ai pu relier une pratique personnelle à un projet de design à échelle réelle. Pour ce projet, il nous a été demandé de réinvestir les techniques expérimentées dans une approche sensorielle et poétique du matériau. Après une analyse du terrain et une note d’intention, nous avons procédé à l’étape de l’échantillonnage. Il a fallu prendre en compte et exploiter au mieux la mise en lumière, la surface, le volume…
Avec mon groupe, nous avons imaginé plusieurs dispositifs de médiation en jouant sur différentes échelles et différentes manières d’interagir avec le papier. Nous avons notamment conçu de grandes lanternes japonaises d’un mètre sur un mètre et des cubes dépliables. Les enfants, principaux destinataires du projet, pouvaient manipuler les installations, expérimenter le froissage, le pliage ou encore le découpage, et découvrir ainsi toute la richesse de ce matériau. Nous sommes ensuite allés au Grand bleu avant les représentations pour tout installer. Les jours de représentation, nous nous sommes mêlés aux spectateurs et nous avons pu voir les enfants s’approprier spontanément les dispositifs avec curiosité et enthousiasme, et les aider à les comprendre si nécessaire. Ça a été le moment le plus marquant !
Ce projet m’a beaucoup appris. Travailler sur une commande concrète confronte à la réalité du terrain : certaines idées fonctionnent, d’autres non, et il faut constamment s’adapter. J’ai appris à trouver des solutions, à rebondir face aux imprévus et à avancer collectivement pour atteindre un objectif commun. Le passage de la maquette à l’échelle 1 a également été très formateur et nous a permis d’expérimenter des conditions proches de celles du monde professionnel. Pour ce projet nous avons aussi dû rendre différents documents : un dossier documentaire avec nos références, une analyse du contexte, un dossier de recherche avec nos croquis d’idéation et nos intentions, un dossier technique avec des plans, des mesures…
Aujourd’hui, je ne sais pas encore précisément vers quel secteur je souhaite m’orienter. Le projet Blanc(s) m’a donné le goût de la scénographie culturelle et il n’est pas impossible que je change de parcours l’an prochain. Je vais effectuer mon stage de première année à la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) de Strasbourg. À la fin de leurs études, de jeunes scénographes du Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique (DNSEP) organisent un festival de scénographie. Je vais y contribuer activement et je suis sûre que cela m’aidera à affiner mon projet professionnel.