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L’exposition devait être un des moments phares des 30 ans de l’ésaat avenue des Nations Unies. L’épidémie de COVID en aura décidé autrement puisque l’ouverture au public de ce magnifique rassemblement de pièces de design prêtées par de prestigieuses institutions et leur dialogue avec des productions d’étudiants de l’école est devenue impossible au moment même de son ouverture.

Mais elle reste ouverte à la visite de nos quelques centaines d’étudiants, étudiantes et élèves accompagnés de leurs enseignants et enseignantes ainsi que de nos partenaires institutionnels. Une exposition brillamment conçue et montée par les étudiantes de DN MADe Évènement encadrées par l’équipe pédagogique. Un outil précieux pour évoquer l’histoire du design du XXe siècle avec des pièces patiemment sélectionnées par le commissaire de l’exposition, Alexandre Alibrandi secondé de Benoit Caudoux.

Voici des extraits du texte de leur introduction dans le dossier de presse :

À l’occasion des 30 ans de son installation dans son emblématique bâtiment, avenue des Nations Unies à Roubaix, l’ésaat présente une exposition interrogeant le modernisme et ses suites post- ou hyper-modernistes dans les domaines de l’art et du design.
Échos, clins d’œil et croisements inattendus… Des travaux d’étudiants dialoguent avec des œuvres issues de collections publiques ou privées et mettent en tension l’histoire et l’actualité de certaines pratiques d’école(s) autant que leurs valeurs et identités.
En partenariat avec le Frac Grand Large – Hauts-de-France, La Piscine musée d’art et d’industrie André Diligent, le Goethe-Institut, les Archives nationales du monde du travail et grâce à de nombreux autres prêteurs et amis, cette manifestation gratuite et pédagogique rassemble un corpus de plus d’une soixantaine de pièces (design, art contemporain, photographies, maquettes et plans d’architecture, travaux de recherche, copies d’étude…), servi par une scénographie ambitieuse signée par la section DN MADe Événement de l’École.

Pour les futurs designers que nous formons, les notions de moderne et de postmoderne sont aussi fondamentales que difficiles. Ajoutons ceux – tout aussi confus – d’anti-, de néo-, d’hyper-, de trans-, voire d’alter-modernisme, et le malaise n’en devient que plus grand.
Si ces derniers se répondent et donnent à penser des catégories susceptibles de nous éclairer, ils ont en réalité été choisis, théorisés ou imposés dans des contextes, à des époques et par des acteurs dont les motivations apparaissent aussi différentes qu’inconciliables. Artistes, architectes, designers, critiques, historiens de l’art, sociologues, philosophes (etc.) ont
écrit des essais et/ou produit des œuvres dont la complexité perturbe et dont la quantité décourage.
Ces termes sont sujets à une incroyable pluralité d’acceptions et d’usages, de définitions et de délimitations (chronologiques ou de champs d’intervention), d’interprétations ou d’incriminations. Loin d’imaginer pouvoir trancher ces débats, l’intitulé de la présente exposition fait siennes, au contraire, ces idées d’égarement et de disparition : formulé comme une interrogation ouverte, « LOST MODERNISM ? » nous invite à ne jamais rompre avec le questionnement.

[…] Face au mythe du modernisme «originel», artistes et designers s’exposent presque inévitablement à un supplice : lui faire allégeance conduit involontairement à le dénaturer ; lui faire violence consolide son insolente postérité. Preuve peut-être que les «images» prédominent, et que leurs «significations» glissent dans des sphères étrangères aux lieux et idéaux d’origine.
On admet aisément que le modernisme regroupe une diversité d’avant-gardes, mais s’agit-il alors d’un mouvement, d’un groupe, d’un courant, d’une époque ? D’un style ou d’une tendance (lorsque d’aucuns l’envisagent plutôt comme une propension ou, plus volontiers, comme un esprit ou un état d’esprit) ? Ces manières de voir – et donc de dire – le modernisme ou les «avant-gardes» ont, tour à tour, tenté d’en circonscrire la véritable nature. Employées parfois de manière simultanée ou interchangeable dans de nombreux écrits, elles ont nourri et nourrissent encore une insondable confusion qui doit à tout le moins nous pousser à comprendre par nous-mêmes.

L’exposition est quand même partiellement visible dans une courte visite virtuelle accompagnée par Alexandre Alibrandi et réalisée en tout début des Portes Ouvertes en Distanciel du weekend dernier et maintenant visible sur la chaîne YouTube de l’école.

Le dossier de presse de l’exposition est disponible en suivant le lien ci-dessous :