Designer interactif, ou UX designer (User Experience), c’est réfléchir à l’expérience d’un utilisateur du début à la fin de son utilisation d’un produit, d’une interface, ou d’une expérience. Il y a besoin de designers d’expérience autant pour un site internet qu’un parcours dans les bois. Un rôle qui gravite souvent autour du design graphique quand il y a des interfaces mais qui fait aussi appel à l’ergonomie et à la psychologie. De façon générale, je soutiens les équipes de conception et de de production tout du long d’un projet pour m’assurer que rien n’est oublié pour le client final : émotions, compréhension, confort, accessibilité : “Comment je me repère ? Qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que je comprends ? Qu’est-ce que je dois faire ? Qu’est-ce que je vais retenir ?” Concrètement, j’utilise des méthodes (personas, user journeys, ateliers de groupe, tests utilisateurs) et des outils (suite Adobe, Figma) pour dialoguer avec tous les métiers impliqués d’une production. Je peux travailler autant avec des développeurs qu’avec des scénographes. C’est un métier très transverse qui demande beaucoup de curiosité, d’empathie et d’agilité d’organisation.
Quelles études as-tu suivies ?
J’ai toujours été passionnée par l’art et le design, j’ai commencé par STI Arts Appliqués (STD2A maintenant), en 2009 à Orléans, d’où je suis originaire. J’ai adoré toucher autant au design de produit, que d’espace, au stylisme, graphisme… Je me suis spécialisée avec un BTS Design Graphique – options médias numériques. J’avais cet attrait pour les nouvelles technologies, les images animées, et les parcs d’attractions. J’ai finalisé mon parcours en 2016 avec un DSAA graphisme à l’ésaat, et lorsque j’ai été diplômée en 2016, mon projet de fin d’études est devenu mon projet d’entreprise !
Quelles entreprises accueillent ce type de métier ?
Ma première entreprise a été la mienne : j’ai été directrice de création du studio Hootside (Augmenteo) que j’ai co-fondé et dirigé pendant 6 ans. Notre équipe d’une quinzaine de personnes a réalisé des jeux mobiles en réalité augmentée. Si on simplifie : un Pokemon Go pour les parcs d’attraction, les musées et les villes, avec des licences comme Assassin’s Creed, Lapins Crétins, Astérix ou encore Star Trek.
Après plusieurs voyages au Canada, j’ai sauté le pas et suis partie démarrer une nouvelle vie à Montréal, véritable vivier dans les jeux vidéo et industries créatives. Ma deuxième entreprise réalisait des attractions interactives pour les parcs d’attractions. En tant que salariée cette fois, j’étais stratège innovation : Je proposais des technologies innovantes à nos clients, encadrait une équipe de prototypage, et était responsable du design interactif (UX).
Aujourd’hui, je suis designer interactif (UX) chez Moment Factory. Nous sommes un studio de divertissement dont les projets sont toujours basés sur des innovations numériques, pour les spectacles, musées, parcs d’attractions ou les événements au sens large : Expériences immersives, vidéo mapping, parcours interactifs, etc…
Comment se présente ton espace de travail ?
En 2026 il est assez hybride. J’ai juste un laptop, qui me permet de travailler où je veux, mais je préfère le présentiel. Ma compagnie autorise de travailler à moitié à la maison, à moitié au bureau sur les jours de notre choix, j’ai même le droit de télétravailler 1 mois dans l’année dans le pays de mon choix !
Quelle est ta journée type ?
C’est bien ça que j’aime dans mon métier… Je n’ai pas de journée type ! Les projets changent tout le temps, ce que j’adore. C’est eux, et leur état d’avancement, qui vont déterminer à quoi vont ressembler mes semaines. Parfois je passe des heures sur un wireframe, parfois je suis en repérage sur un site historique, parfois je fais des tests utilisateurs dans un parc d’attractions.
Quel rapport penses-tu entretenir avec ton métier ?
Ce n’est pas un simple métier, c’est ma passion. Être designer est une vocation pour moi. Mon leit motiv est de créer des expériences qui permettront aux gens de s’offrir ce qu’il y a de plus précieux dans une vie : des souvenirs mémorables.
En grande passionnée d’art et de design, je ne conçois pas de faire un métier où je ne puisse pas participer directement à la réalisation de projets qui permettront à des personnes, quelque part dans le monde, de se fabriquer la chose la plus belle à mes yeux, des souvenirs qui se partagent.
Les entreprises, entrepreneuses et entrepreneurs ont le pouvoir de soutenir la formation du design en région.
Pour ce faire, ils et elles peuvent reverser tout ou partie du solde de leur taxe d’apprentissage en fléchant l’ésaat comme bénéficiaire.
C’est un moyen pour notre école de financer des équipements, de soutenir la formation publique et de rester à la pointe de l’enseignement du design. Si vous êtes concernés, que vous connaissez des entreprises qui pourraient l’être, merci de vous rendre sur la page qui explique la démarche à suivre, les élèves, étudiants et étudiantes, les enseignants et enseignantes vous remercient par avance.
Inscriptions en DSAA, année scolaire 2026-27
Les inscriptions en première année de DSAA à l’ésaat sont ouvertes depuis hier et jusqu’au 9 mai 2026.
Vous pouvez donc postuler à une des cinq mentions du Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués proposées par l’école : Cinéma d’animation 2D, Espace, Graphisme, Produit et Textile.
L’inscription se fera en deux temps : après la souscription du formulaire en ligne, les candidat·e·s recevront un lien vers un dossier sur un espace en ligne (Google Drive, un compte Google gratuit sera donc nécessaire) pour y déposer leur portfolio et – pour le DSAA Cinéma d’animation 2D – leur portfolio et bande démo.
Entretien réalisé par Alice Bély le 14 mai 2025, dans le cadre de son projet de diplôme de DSAA graphisme, promotion 2025.
À quoi ressemble ton parcours ?
J’ai commencé l’ésaat en seconde parce que dès la troisième j’ai tout de suite été attirée par le monde du design. Après mon bac, j’ai continué dans l’école pour faire le BTS design produit. Ensuite, même si j’adorais l’ésaat au plus profond de mon cœur, je me suis dit que j’aimerais bien voir autre chose. Ce qui était génial c’est qu’après mon BTS, j’ai pu faire un Erasmus, je suis partie deux semestres en Finlande.
Ensuite j’ai fait une licence professionnelle à l’université de Lille pour pouvoir passer un master. J’ai trouvé une licence qui était dans l’éco-conception. Dans ma démarche j’étais de plus en plus impliquée dans l’impact environnemental de ce qu’on produit. Cette licence pro était très technique, on était seulement trois designers, sinon c’était des génies mécaniques, des ingénieurs, ce mélange était très intéressant. Pendant cette licence j’ai pu faire un stage de six mois chez Millet Lafuma, puis j’ai fini mes études en allant à l’école de design de Nantes. J’ai tellement adoré mon expérience pro que je voulais absolument faire mon master en alternance. Le master de Nantes proposait de l’alternance, c’était un des seuls donc il n’y avait pas beaucoup de choix. C’était un master enmanagement du design et de l’innovation. L’intérêt c’était la pluridisciplinarité. Il y avait du design de produits, de l’architecture intérieure, du graphisme. J’ai fait mon alternance chez Decathlon, c’était plutôt cool et après le master je suis restée un peu chez eux pour finir ma mission. Puisque mon contrat se terminait en août, pour trouver un job c’était compliqué. J’ai été sans emploi d’août 2022 à septembre 2023.
Après plusieurs mois de candidature, d’interview je n’arrivais pas à trouver ce qui me convenait. Comme j’ai fait une spécialisation en éco-conception, il fallait que je trouve quelque chose qui soit en accord avec mes valeurs, ce qui restreint les choix. Je me suis posée, j’ai réfléchi. Je me suis toujours dit que j’allais peut-être monter ma propre entreprise pour être en freelance un jour. Je me suis dit, bon, finalement, c’est le moment. Pôle Emploi te permet de faire des formations avec un programme qui t’aide à créer ta boîte. Ils te donnent les clés, les formations pour t’aider. J’ai aussi été suivie par la BGE.
Suite à ça j’ai décidé de me lancer avec la coopérative d’activités et d’emplois Grands Ensembles. Je les ai choisis parce qu’au niveau des valeurs, ça me correspondait. C’est comme ça que j’ai commencé en freelance, tout en gardant ouvert les recherches d’emploi. À un moment, il y a Alstom qui m’a contacté pour me proposer un emploi d’ingénieur qualité perçue. Dans un premier temps je me suis dit : ce n’est pas possible, ce n’est pas ça mon travail ! Mais ils ont attisé mon intérêt parce qu’ils le savaient, mais justement, ils avaient besoin d’un profil de designer. Ça m’a intéressée aussi parce que c’est dans le ferroviaire, et bosser dans un domaine de mobilité verte, c’est plutôt bien. Donc j’ai été embauchée là-bas.
Enquoi consiste ton travail chez Alstom ?
En gros, la qualité perçue, c’est la qualité qu’on perçoit, comme son nom l’indique. On travaille sur les intérieurs de train. Mon job c’est un peu de faire la passerelle entre le design et l’ingénierie. Les clients travaillent avec les designers et choisissent ce qu’ils aiment mais n’ont pas de contact avec les ingénieurs. Nous, on essaye de faire la passerelle et de trouver des solutions pour être au plus proche des envies du client et pour qu’une fois dans le train ou même quand on est à l’extérieur, on ne voit rien qui pourrait nous faire nous sentir en insécurité. Par exemple, quand tu ouvres ta table, si elle fait un bruit bizarre, ou si elle flanche on a l’impression que ce n’est pas de la bonne qualité. Mon job, c’est de faire en sorte que les gens se disent que ce train a une bonne qualité. Pour ce job, j’ai tout de suite négocié pendant les entretiens en leur disant que je voulais garder mon entreprise. Je suis donc en temps partiel à 80% chez Alstom et 20% en freelance.
Concrètement qu’est-ce que tu gères ?
Je gère plutôt tout ce qui est contrôle. Avant de réaliser les pièces, les ingénieurs vont tout faire en 3D. Cette 3D, je la récupère et je viens la vérifier comme si je visitais le train numériquement. Je peux y entrer et regarder de plus en plus dans le détail si quelque chose me perturbe. Ce qui est super c’est que le 3D permet d’avoir plein d’échelles différentes, de zoomer… et que pour vérifier les choses en taille réelle, on utilise la VR. En même temps, je regarde le design book où je peux aller voir les matières, les états de surface. Une surface brillante ou mat ne va pas rendre la même chose. La couleur est aussi très importante. C’est tout ce genre de chose que je contrôle. Si je détecte quelque chose qui ne va pas, je prends une photo et je contacte les gens pour leur demander pourquoi c’est fait comme ça. Si j’ai une idée pour résoudre le problème, je peux la proposer mais contrairement au design que j’ai appris à l’école, celui-là est beaucoup plus technique. Il y a beaucoup de fois où je fais seulement la détection et où la solution est trouvée avec les ingénieurs.
La partie très technique de l’industrialisation m’a poussé à accepter ce job. Pour mon travail de freelance c’est très intéressant. Même si pour l’instant je n’ai qu’une cliente, son projet me demande de faire les plans, de contacter des fournisseurs et je dois m’y connaître assez bien techniquement pour réaliser tout ça. C’est pour ça que je prends tout ce que je peux prendre pendant ce job. En entreprise tu peux faire pas mal de formations donc j’en profite, je vois ça comme un apprentissage. Mon but c’est de partir cette année. Je suis chez Alstom depuis presque deux ans et j’aimerais bien revenir pour l’instant en freelance. C’était une bonne expérience mais je n’ai pas envie de continuer là-dedans. C’est le monde de grosses entreprises que j’ai envie de quitter.
Comment ça se passe au niveau de ton espace de travail ?
Chez Alstom il y a différents services. Le mien est dans un bâtiment où il n’y a pas assez de place pour tout le monde. Le télétravail n’est pas obligatoire mais fortement recommandé. On a une règle de trois jours sur site, mais qui dit pas assez de bureaux, dit bureau volant. On n’est pas censé avoir un bureau à nous, mais on a tous nos petites habitudes. On a aussi une salle où il y a le matériel de VR. Niveau matériel, on a des PC portables pour faire du télétravail. Je crois que ce sont les PC les plus chers de toute l’entreprise, ce sont des grosses machines de guerre qui peuvent lancer deux fichiers de 3D en même temps.
Pour les 20% en freelance tu travailles de chez toi ?
Maintenant oui. Avant Alstom, j’étais à 100% en freelance et de temps en temps j’allais dans des coworking. Quand j’ai commencé, je travaillais surtout à la maison, mais je devais faire du networking, donc j’allais à des événements pour voir du monde, pour me faire connaître.
Aujourd’hui, comme je travaille en freelance qu’une fois par semaine, je travaille de chez moi. J’ai une pièce que j’ai transformée en bureau. C’est une pièce où j’ai un grand plan de travail où je peux faire mes petites maquettes. J’ai aussi un très bon deuxième écran et un clavier déporté pour avoir une bonne position. Mon bureau c’est un peu du bricolage, c’est des tréteaux avec une planche qui était un ancien plan de travail. L’ensemble est assez haut ce qui fait que ma chaise est en hauteur. Ce n’est pas l’idéal, mais ça me permet de travailler à la fois debout et assise, c’est vraiment un confort de travail.
Sur quel type de projet travailles-tu en freelance ?
Pour le moment je n’ai qu’une seule cliente parce les premiers mois en freelance étaient dédiés à la création. C’est le moment où je me suis demandée qui j’étais en tant que freelance et ce que j’avais envie de faire. Il faut établir un but, un coût, ce qui a été un enfer sur terre parce que je me dévalorisais énormément. Donner un coût à ce que tu produis est très dur. Cette cliente m’a contacté sur Malt, une plateforme pour les freelances. Chaque freelance à son profil, les demandeurs font leurs briefs et ont certainement des profils qui leur sont recommandés auxquels ils peuvent envoyer leur demande. Quand elle m’a dit qu’elle aimerait faire de l’économie circulaire, avec des plantes et éco-conçu je me suis lancée parce que ça me correspondait tout à fait. Il y a eu une première phase d’échange puis on a été trois à lui envoyer un devis. J’étais vraiment le devis le plus faible, malheureusement, quand tu commences, c’est un dur de se placer. Elle a été super sympa parce qu’elle m’a dit : je ne t’ai pas choisi pour ton devis, je t’ai choisi parce qu’on a eu un bon feeling et que je pense que tu as les compétences. Elle m’a permis d’augmenter mon devis ! J’ai vraiment eu de la chance avec cette première cliente, elle m’a vraiment aidée à construire ma base.
Le premier projet sur lequel j’ai travaillé est un cache-pot modulable. C’était une technique d’origami, donc je m’amusais à faire des expérimentations, en essayant, en prenant des mesures… Le dernier projet qu’on a fait est maintenant dans une école, c’est une pergola en bambou. J’ai pu faire les maquettes, lui envoyer et travailler directement en contact avec les deux personnes qui allait fabriquer donc on échangeait régulièrement. Ce qui est génial avec les start-ups c’est que tu vois tout. Parfois dans mon processus je passe par le dessin et parfois je me lance directement dans la maquette. Quand tu peux travailler comme ça, c’est trop bien. Tu peux t’adapter toi-même, sans exigence d’utiliser tel logiciel. C’est agréable.
Comment se passent tes journées ?
Que ce soit en entreprise ou en freelance, je commence par me faire un petit thé, c’est important pour commencer la journée. Ensuite, je vais généralement commencer par vérifier les mails. Pour le freelance, je regarde ensuite sur LinkedIn si je peux rebondir sur quelque chose. La visibilité c’est important. J’essaye aussi de régulièrement mettre à jour mon site internet pour qu’il ne tombe pas dans l’oubli total. Il y a aussi l’URSSAF à laquelle il faut penser une fois par mois. Après, ça va dépendre des périodes. Si j’ai un projet en cours, je vais me faire une sorte de to-do list avec ce que je dois faire aujourd’hui, des rendez-vous que je peux avoir avec ma cliente. Ensuite, je construis ma journée par rapport à ça. Soit j’écris sur un petit post-it, soit j’essaie de prendre un calendrier et de me fixer des horaires précises.
Ce qui me définit c’est que j’écris toujours tout, c’est important pour moi d’écrire et de développer la to-do list. Je fais la même chose en entreprise en regardant les réunions du jour et ce que j’ai à préparer. Ça m’aide énormément et ça me fait du bien. Je pense que c’est pour moi la meilleure des méthodes pour avancer. Tout fait que je suis moins bloquée dans mes tâches.
Quel nom donnes-tu à ton métier ?
Ça dépend de qui j’ai devant moi, mais je dis souvent que j‘ai deux métiers. Si j’ai devant moi des gens qui sont dans le design, je vais peut-être commencer par le métier de designer mais ça dépend. En tous cas, pour mon métier chez Alstom je dis ingénieur qualité perçue, j’explique ce que c’est et ensuite je dis qu’à côté je suis freelance. Quand je ne veux pas rentrer dans le compliqué je dis designer produit. Plus dans le détail, je dis que je suis spécialisé en écoconception.
Moi, je me montre comme designer de produits responsables. Sur mon site internet, j’ai mis « Eco-responsible designer ». J’essaie de ne pas trop utiliser le mot « éco » parce que ça peut aussi être économique, mais pour moi, le terme « responsable », c’est ultra important parce que l’écologie c’est ma responsabilité en tant que designer.
Quel rapport penses-tu entretenir avec ton travail ?
Aujourd’hui, mon travail en tant que salarié, je le subit un peu, on ne va pas se mentir. Il y a quelques mois, j’ai vraiment eu une révélation. Même si le métier est intéressant, il y avait toujours un « mais » derrière. Actuellement, je suis en train de développer un peu plus mes contacts niveau freelance. Une nouvelle personne vient d’être embauchée donc je ne suis pas loin de demander ma démission. Côté freelance, c’est à la fois excitant de me dire que je vais le reprendre, mais je suis aussi complètement flippée parce que si je n’y arrive pas qu’est-ce que je fais ? Quand j’ai créé mon entreprise, je m’étais déjà fait une liste de plans de secours. Il n’y a pas longtemps un de mes amis m’a relancé sur l’idée de faire des workshops dans des grandes entreprises. Pourquoi pas prendre du temps pour créer une base pour faire des formations, des workshops. J’ai un peu peur, mais en même temps, c’est excitant, j’aimerais bien pouvoir faire d’autres projets.
Est-ce que tu regrettes de t’être lancée en freelance plus tôt que ce que tu avais prévu ?
Pour être honnête, je pense que je me suis dit plus tard parce que je n’avais pas assez confiance. Je me suis dit, si je suis freelance, il me faut absolument plus d’expérience, il me faut de la sécurité. Si je me lance tout de suite, je pars sans rien, pas de pôle emploi parce que je n’aurais pas d’indemnité… Une fois que tu te lances, c’est un apprentissage énorme. Je me suis aussi lancé le défi fou de faire mon site internet moi-même, alors j’ai aucune compétence particulière là dedans. Je voulais avoir mon nom de domaine, je voulais que ça soit hébergé de manière responsable, je n’avais pas envie de mettre mon site n’importe où. Je suis fière d’avoir réussi et les gens sont un peu impressionnés. Je pense que c’était vraiment le meilleur moment. Au lieu de continuer à faire des recherches d’emploi qui ne fonctionnent pas, je me suis dit qu’il était plus utile de faire quelque chose qui allait m’apprendre et être bénéfique, donc, aucun regret. Ça m’a aussi permis de ne pas être à 100% chez Alstom et ça me fait du bien aussi.
→ Découvrir le profil de Solène Rose, designeuse de produits éco-responsables et ingénieur qualité perçue
Le 13 mars, l’ésaat a accueilli la première édition du forum « En route pour l’emploi », organisé par l’association des anciens élèves ésaatien·ne·s. Une journée pour aider les élèves, étudiants et jeunes diplômés à préparer leur insertion professionnelle et découvrir l’entrepreneuriat.
Présents sur des stands, ces acteurs du territoire ont partagé informations, conseils et ressources pour mieux comprendre les démarches de recherche d’emploi, les dispositifs d’accompagnement et les perspectives professionnelles dans les secteurs créatifs.
Conférences et ateliers pour passer à l’action
Le forum proposait également plusieurs conférences et ateliers pratiques autour de l’emploi et de l’entrepreneuriat : préparation aux entretiens, découverte du statut d’étudiant entrepreneur, ou encore premiers pas dans l’intermittence dans les secteurs du spectacle et de l’audiovisuel. Au total, 65 participants ont pris part aux ateliers, favorisant des échanges concrets avec les intervenants et une meilleure compréhension des parcours professionnels possibles.
Des outils pour préparer sa candidature
Les visiteurs ont également pu bénéficier d’un accompagnement individuel sous forme d’entretiens conseils CV avec un conseiller France Travail et ils ont pu bénéficier d’une séance photo avec un photographe professionnel pour faire ou refaire leur portrait pour leur CV.
Ces dispositifs ont permis aux étudiants d’améliorer leurs candidatures et de repartir avec des outils utiles pour leurs recherches de stage ou d’emploi.
Un forum au service de l’avenir des étudiants
Avec cette première édition du forum « En route pour l’emploi », l’association ésaatien·ne·s poursuit son engagement pour accompagner les élèves, les étudiants et les diplômés de l’ésaat dans leur orientation et leur insertion professionnelle.
L’événement a également renforcé les liens entre l’école et les acteurs économiques du territoire, tout en offrant aux participants l’opportunité de développer leur réseau et de mieux préparer leur avenir professionnel.
L’association ésaatien·ne·s remercie tous les partenaires et intervenants, la radio Radar, l’ésaat, les personnels, bénévoles et participants qui ont fait de ce forum un moment riche en échanges et en opportunités !
Attention, lorsque vous candidatez sur Parcoursup : Un document complémentaire est demandé lorsqu’un ou plusieurs vœux sont formulés pour un parcours DN MADe Métiers d’Art : nous vous informons que le carnet doit inclure la note complémentaire textuelle et visuelle demandée. (fichier au format PDF, 1 Mo max., 4 pages max.)
À la rentrée, le lycée a ouvert une classe à projet “Médias et cultures” en classe de seconde.
Cette classe innovante propose aux élèves de découvrir les médias par la pratique, en particulier à travers la création et la réalisation d’émissions de radio autour de thématiques culturelles variées : musique, cinéma, littérature, arts, cultures urbaines, numériques ou encore enjeux culturels de société.
Découvrir les médias par la pratique
Pleinement acteurs du projet, les élèves sont amenés à concevoir, préparer et enregistrer des émissions de radio qui seront enregistrées dans différents lieux culturels et diffusées sur Radar, la radio du lycée. Ce faisant, ils apprennent à : – rechercher et vérifier des informations, – construire un angle et un contenu pertinent, – rédiger des reportages, chroniques, interviews, – s’exprimer à l’oral de manière claire, structurée et engageante, – travailler la voix, l’intonation et la prise de parole en public, – découvrir les bases techniques de l’enregistrement et du montage sonore.
Cette approche concrète permet une meilleure compréhension du fonctionnement des médias, de leurs codes, de leurs contraintes et de leurs responsabilités.
Un projet pour développer des compétences essentielles
La classe à projet « Médias et cultures » vise le développement de nombreuses compétences transversales, utiles dans toutes les disciplines et dans les parcours futurs des élèves : – Compétences orales : prise de parole, argumentation, écoute active – Esprit critique : analyse des sources, compréhension des mécanismes de l’information, recul face aux contenus médiatiques – Compétences rédactionnelles : structuration des idées, clarté de l’expression écrite – Travail collaboratif : organisation en équipe, répartition des rôles, gestion de projet – Autonomie et créativité : initiative, imagination, capacité à proposer des sujets originaux – Culture générale et culturelle : ouverture sur les pratiques artistiques et médiatiques contemporaines
Ces apprentissages contribuent à former des citoyens éclairés, capables de comprendre et d’analyser le monde médiatique dans lequel ils évoluent.
Une immersion dans l’écosystème médiatique national
Le projet sera enrichi par un séjour pédagogique de deux jours à Paris, durant lequel les élèves découvriront l’écosystème médiatique national. Ce voyage permettra notamment : – de visiter des lieux emblématiques des médias, – de mieux comprendre les métiers du journalisme, de la radio, de la télévision ou du numérique, – de faire le lien entre les pratiques menées en classe et la réalité professionnelle.
Avec ce nouveau projet, le lycée affirme sa volonté de proposer des parcours innovants, favorisant l’engagement des élèves, la cohésion autour de projets et la réussite de tous
Entretien réalisé par Alice Bély le 16 mai 2025, dans le cadre de son projet de diplôme de DSAA graphisme, promotion 2025.
À quoi ressemble ton parcours ?
Je suis arrivée à l’ésaat à quinze ans, au lycée, en arts appliqués. J’ai eu mon bac il y a dix ans et je suis restée deux ans en BTS design imprimé. À l’époque après le BTS on pouvait partir en Erasmus un an. Je suis donc partie vivreen Norvègeoù j’ai fait un Bachelor en médias et journalisme. J’avais des cours où j’ai appris à coder, à faire de la stratégie du design, à faire de la photo et du print.
Ensuite, l’endroit où j’avais fait mon stage m’a rappelée, c’était la maison d’édition Hachette. Du coup je suis rentrée un peu plus tôt de Norvège pour aller directement en CDD à Paris. J’ai beaucoup appris, j’étais spécialisée dans les livres pour enfants mais on ne voyait jamais d’enfants, ce qui était assez frustrant. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à me dire que ça serait intéressant de travailler avec les utilisateurs.
C’est là que cette frustration a commencé, en sachant que j’avais commencé à faire un peu de stratégie de recherche en Norvège. Suite à ça est arrivé le moment où j’ai postulé dans plein de formations de master en UX mais ce n’était pas possible avec le niveau BTS. J’avais postulé à quelques DSAA mais ça ne m’intéressait pas plus que ça et à la fin de l’été je me suis retrouvée sans rien. À ce moment-là, Hachette m’a proposé de m’embaucher mais j’avais envie d’aller plus loin qu’un BTS.
Je me suis donc inscrite à la licence d’arts plastiques de la Sorbonne qui pouvait se faire à distance. Je suis restée dans le Nord à ce moment-là, chez mes parents et j’allais presque toutes les semaines à Paris pour me faire de l’expérience sur de l’UX. Je faisais énormément d’hackathons. Ça vient du milieu du développement, ce sont des sessions qui durent entre un week-end et une semaine. L’idée c’est d’arriver avec une idée qu’on sort à la fin. On ne dort pas beaucoup, c’est dans une atmosphère de Start-up, de synergie d’équipe, c’était en 2019, une période où ça se développait beaucoup. J’étais une des seules designers, sinon il y avait beaucoup de personnes qui faisaient du développement.
Qu’est-ce que cette dynamique t’a apporté ?
Le fait de bosser avec ces gars-là m’a permis de me faire repérer par les gagnants des hackathons. J’ai commencé à travailler pour celui qui avait gagné. À ce moment-là, je me dis « let’s go, on y va », on vit des trucs, à tel point que j’ai failli ne pas avoir ma licence du tout parce que j’étais tout le temps sur Paris à créer des interfaces, des concepts, des ateliers.
Mon profil fait qu’on avait tendance à me dire que je n’étais pas assez créative du côté arts plastiques et en même temps, du côté gestion de projet, j’étais trop créative. J’avais un profil un peu ambivalent qui fait que l’UX était cohérent parce qu’il faut être dans la structure, la recherche et en même temps être créatif pour trouver des solutions.
À ce moment-là, on est en mars 2020, moment du Covid (une petite aventure dont certains Français se rappellent). Je décide d’arrêter avec les gars de la start-up parce que la vie et le travail sont vraiment trop mélangés. C’est aussi un milieu très masculin et bizarre, donc j’arrête avec eux et je me dis que ce serait peut-être bien que je commence à taffer sur ma licence parce que pour l’instant je n’avais encore rien fait du tout, donc je charbonne sur ma licence. Une fois que je l’ai, je me dis que j’ai envie d’être UX designer, c’est officiel. Je fais en sorte de le devenir en postulant dans des écoles privées parce que je me rends compte qu’il faut absolument avoir de l’expérience terrain et que tu n’as pas le choix si derrière tu veux être intégrée au monde du travail.
J’arrive à avoir une alternance dans une start-up en tant que directrice d’expérience client. C’est une boîte qui faisait des barbecues en France. Ils avaient besoin de quelqu’un qui avait une vision créative et en même temps un côté très structuré. C’était très intéressant parce que je touchais à tout, mais ça avait ses limites parce que je devais être disponible le soir, le week-end. Ma conclusion sur les startups c’est qu’en général, c’est un environnement toxique, très peu cadré mais où tu apprends beaucoup. C’était difficile mais ça m’a forgé un caractère, maintenant je me laisse vraiment plus faire. Ça reste quand même très intéressant, mais quand ils m’ont proposé un CDI là-bas, j’ai dit non.
Suite à ça quand j’ai été diplômée, je suis partie dans un gros stress de trouver un travail. J’ai trouvé quelque chose en quatre mois. Je suis sortie des études avec un complexe de l’imposteur : est-ce que je suis assez bonne dans ce que je fais ? J’ai commencé à acheter énormément de livres pour être davantage calée sur la théorie et pouvoir plus justifier les choses. J’ai trouvé du travail dans une agence parisienne, où il y a soixante personnes. On m’a mis directement sur de très gros projets où j’en étais responsable et où je ne savais rien faire mais je me suis débrouillée et j’y suis encore, ça fait trois ans.
À quoi ressemble ton travail quotidien sur les applications ?
Concrètement, je regarde ce qui est déjà en ligne et je vérifie si ça correspond à mes maquettes. Pour les applications, je passe des moments à faire des maquettes de façon très concrète. J’essaye de les mettre à jour et que tous les composants soient bien reliés entre eux. Je passe aussi des moments à les présenter aux utilisateurs pour qu’on se mette d’accord sur leurs besoins.
En fonction de leurs retours, je fais ce qu’on appelle du live design, c’est-à-dire d’échanger avec des utilisateurs lors de réunion, de leur présenter tes maquettes, et de pouvoir répondre en live aux problèmes qu’ils soulèvent. Pour pouvoir faire ça, il faut être cadré, structuré, savoir de quoi on parle et aussi réussir à embarquer les gens. Puisque tu échanges avec eux pendant 1h30, c’est important de réussir à maintenir leur attention. Tu leur parles de choses un peu lourdes, ils ont d’autres choses à faire, donc il y a pas mal de stratégies de communication à mettre en place. C’est important de faire des retours sur les avancées, de montrer que tu as pris en compte leurs dernières remarques, de citer des prénoms, de montrer que tu t’intéresses à eux. Avec ces bases, par la suite, on peut commencer à se mettre à l’aise. Je prends ça comme du stand-up, pour une animation, ce qui fait que les gens sont contents de venir parce qu’ils savent qu’ils ne vont pas s’ennuyer. Les rencontres utilisateur, c’est ce que je préfère dans mon métier.
À quoi ressemble ton espace de travail ?
J’ai eu une relation assez toxique avec mon travail pendant très longtemps, notamment en raison de l’investissement que j’y mettais pour des personnes qui avaient des techniques de management par la culpabilisation, qui fonctionnent extrêmement bien sur moi. Une fois que j’ai compris ces mécanismes, j’ai pu remettre en question ma relation au travail. Malheureusement, j’ai dû faire un arrêt pour me rendre compte, mais maintenant j’accorde beaucoup plus d’importance aux temps de repos. J’ai également fait évoluer mon travail. En travaillant pour EDF, même en ayant deux applications en même temps, je prends le temps de bien faire les choses.
Au fur et à mesure, j’ai appris à mettre énormément de distance et à structurer mon temps de travail sur des taux de temps horaires donnés, pas plus, pas moins. Pour autant, je reste passionnée par mon travail. Quand j’étais en arrêt, j’avais totalement commencé à entreprendre des démarches pour faire un autre métier. Finalement je me suis posée et je me suis dit : en vrai, j’adore mon métier, c’était la manière dont on me demandait de le faire que je n’aimais pas.
D’un autre côté, tu es obligé de te soumettre à ça pour avoir une stabilité et une sécurité financière. En plus de ça, le travail c’est un lien social donc ça dépend énormément des gens avec qui tu travailles. Par rapport à ça, le côté distanciel m’a vraiment sécurisée. Grâce à ça les ragots d’agence n’existent pas. Je suis là pour faire mon métier et pour le faire bien, sans me prendre la tête. Pour autant, il y a une invisibilisation de mon travail quand je suis à distance, ce qui fait que ma surcharge est invisible à part quand je viens sur site.
Tu arrives à faire la part des choses entre pro et privé en restant chez toi toute la journée ?
J’ai appris à le structurer. Le fait de m’asseoir sur cette chaise et d’être face à cet écran, ça veut dire que c’est le travail. Quand c’est le week-end, mon grand écran est retourné. Il est blanc, mon mur est blanc, ça veut dire que c’est le week-end. Bien sûr, tu es obligée d’avoir une sorte d’organisation dans ta propre vie. Le matin, je ne vais pas travailler si je n’ai pas fait mon yoga avant.
À la fin de la journée, j’éteins mon ordinateur, je range mon appartement et il faut que j’aille marcher. Je fais aussi attention à prendre de vraies pauses le midi. Tu es obligé de te mettre une rigueur pour ta santé mentale. Ce que j’aime beaucoup avec le télétravail c’est que pour moi, le travail n’est qu’une tâche dans ma journée parmi tant d’autres. Le fait de ne pas avoir de parcours maison-travail me fait gagner du temps de vie.
Est-ce qu’il t’arrive de travailler avec d’autres personnes ?
En agence, tu travailles tout le temps en binôme avec un UI designer. C’est intéressant parce que ça permet d’avoir une double vision. Tu as aussi la vision d’un autre créateur qui va ajouter sa patte. Ne serait-ce que pour les choix colorimétriques, moi je vais être par défaut sur ce qui est accessible, ce qui fonctionne avec l’identité graphique alors que l’UI designer va aller plus loin. Il va dans un autre niveau de détail en pensant par exemple aux différents états d’un bouton…
Les portes ouvertes de l’ésaat se tiennent comme l’an dernier en deux temps, vous trouverez ci-dessous les détails pour préparer votre visite. L’occasion pour nous de vous présenter la grande diversité de nos formations, du Baccalauréat au DSAA (Bac+5) en passant par le DN MADe (Bac+3), dans un des plus grands établissement de l’Éducation Nationale dédiés aux arts appliqués au nord de Paris, attaché à l’excellence de ses parcours publics ouverts à toutes et tous.
Portes ouvertes pré-bac
Le Baccalauréat STD2A dispose de portes ouvertes dédiées. Elles sont prévues les 27 et 28 mars 2026. Le vendredi 27 mars de 14h à 17h et samedi 28 mars de 9h à 12h30 puis de 13h30 à 16h30.
Les portes ouvertes des formations post-Baccalauréat DN MADe et DSAA ont eu lieu les 6 et 7 février 2026.
Les ateliers et classes de l’école étaient ouverts pour vous montrer les équipements et travaux, méthodologies et dispositifs pédagogiques engagés dans les 5 DSAA et 10 DN MADe de l’école, avec la présence de partenaires (BDE, Transports de la Métropole, associations étudiantes esaatien·ne·s).
Si vous avez raté l’évènement, pensez à consulter nos réseaux sociaux pour en voir quelques témoignages.
La communication de l’évènement a été assurée par les étudiants et étudiantes de deuxième année de DN MADe Graphisme, option Supports Connectés, encadrés par Alexandra Pierlot-Hénon : Lebreton Martin, Razborseck Colin et Ugur Alessandria Netty.
À l’occasion du séminaire « Le DN MADe, et après ? » organisé les 9, 10 et 11 décembre derniers, l’ésaat a présenté ses formations de DSAA lors d’une visioconférence de 30 minutes.
Étaient présentées les 5 formations de Diplôme Supérieur des Arts Appliqués : Design Textile et Prospective, Design Graphiqueet Typographie, Design d’Espaces, Design d’Objets et Cinéma d’Animation.
Afin que ces informations puissent servir à toutes et à tous, voici ci-dessous le PDF de 83 pages présenté lors de la visioconférence ainsi qu’un nouveau petit montage présentant l’école en images.